Dans la dèche au Royaume Enchanté

Dans la dèche au Royaume Enchanté dans Beurk arton9369-0ac9b Commençons par le commencement, l’histoire. Alors c’est l’histoire d’un monde, le nôtre, dans un avenir pas si lointain. Les gens ne meurent plus, grâce à des sauvegardes qu’il font régulièrement, ils ne tombent plus malades, et ne travaillent plus non plus. Quand ils en ont marre de la vie, ils se mettent hors-temps pour quelques milliers d’années, une forme de suicide politiquement correct. Ici on ne travaille pas, on est volontaire, dans une société dédiée au plaisir et aux loisirs. Dans ce meilleur des mondes, ce n’est pas l’argent qui a de la valeur, mais le whuffie, qui mesure en quelque sorte le bien que vous faites à la société, le bien que les gens pensent de vous. Et comme tout le monde est en réseau, non par l’intermédiaire de leur ordinateur, mais bien connectés entre eux, et bien chacun peut voir la culotte, pardon le whuffie du voisin.

Dans ce monde idéal, Julius, 150 ans dans un corps de jeune homme, est volontaire en charge des attractions de Disney World, et va se trouver embarqué dans une sombre histoire ou rien n’est finalement aussi limpide qu’il paraît, et les gens pas aussi chouettes que leur whuffie le laisse croire…

Cory Doctorow nous dépeint une utopie qui comme toute utopie, ne peut rien donner de bon, et le bouquin regorge de détails qui nous interpellent, et on se dit « Mince… mais c’est déjà un peu comme ça… » C’est une réflexion sur le monde du net, du réseau, de l’interconnectivité, un domaine que Doctorow maîtrise parfaitement, et en cela, le bouquin est réussi, bien que déconcertant au départ (j’aurais bien aimé un lexique à la fin …). On en sort avec une grosse envie de jeter son portable et son mac chéri, de mettre en pièce sa box internet, et on trouve ses petites pattes d’oies au coin des yeux terriblement sexy. Mais c’est tout ce qu’il a réussi. Cette histoire manque terriblement d’épaisseur, les personnages sont vite brossés, clichés. L’histoire elle-même je ne m’en souviens presque pas, et franchement on s’en fiche. Il y a une intrigue, des rebondissements, Cory a bien potassé le manuel du petit écrivain à suspens, mais cela ne fonctionne tout simplement pas. Je n’ai pas cillé une seule fois, pas ouvert la bouche (important ça, la bouche ouverte en lisant… c’est un signe…), pas éprouvé la moindre empathie pour ce pauvre Julius, rien, nada. Ce livre est vide d’émotions, vide de talent d’écrivain. Cory Doctorow est probablement le roi des bloggeurs, une pointure sur le net, mais écrire pour le web et écrire un roman sont deux choses bien différentes. C’est un livre froid, aussi froid que le blog de Doctorow. Il se lit en revanche très vite. Et oui, quand on écrit pour le web, on apprend à faire court, on apprend l’art de la synthèse, du droit au but, on vise un objectif. Cela laisse peu de place à la poésie, au style, aux mots, tout simplement, et c’est bien dommage…



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