Let’s Nooz again

Bon allez hop, on se réveille, on se secoue les pixels, on échauffe ses petits doigts agiles, et on y va. Il est temps. Temps de reprendre ce petit blog où je me sentais finalement pas mal du tout. J’ai fait une pause, pris du recul, bu quelques bières et fait le point sur ma vie, c’est bon ça c’est fait, maintenant il faut avancer. Bon en fait pour être tout à fait honnête. J’ai (je ne sais plus pourquoi) fait une recherche sur le pseudo que j’utilise sur ce blog, et je suis tombée sur…moi ? Non. Une citation de Moi !!! Sur un autre site ! Non mais vous rendez compte ??????? Moi qui écrivait juste parce qu’un blog ça fait plus chic et tendance que des fiches de lectures raturées, moi, citée sur un autre site. Et en bien ! J’étais TROP fière. Jusqu’à ce que je me dise « merde, t’as rien écrit depuis des lustres, t’as même pas terminé les critiques commencées, t’es TROP nulle. La moindre des choses est de pointer à mon tour vers le blog en question, que vous trouverez ici.Alors je me reprends, et je reprends à un moment particulier de ma life, parce que je rentre des Utopiales. Parce que le projet que je couve jalousement depuis longtemps va peut-être aboutir. Il prend forme parce que j’ai enfin osé en parler à des « gens du milieu », et quel milieu ! Ils sont tous perchés… auteurs, libraires, traducteurs, éditeurs. Tous à l’ouest, et c’est juste du bonheur.
Si j’ai pu approcher tout ce beau monde, c’est grâce à une personne, un libraire que j’ai très effrontément appelé la veille de mon départ pour Nantes, parce que j’avais lu sur son blog (lui aussi il fait des chouettes fiches de lectures…) qu’il se rendait aux Utopiales. Pourquoi lui ? Excellente question, je n’en sais rien. Toujours est-il que je l’ai fait marrer, et qu’il a accepté de me rencontrer. En fait on s’est trouvés, on a bu une bière, on a échangé, on a bu plein d’autres bières, moi très fraiche et naïve, lui nettement moins. « Naïve » j’entends. On n’était même pas assis qu’il serrait la paluche à Pierre. Bordage. Qui, du coup, me l’a secouée aussi, et mon âme avec. Je serrais la main de Pierre Bordage, et je ne connaissais ce mec que depuis 5 minutes. Il m’a fait le coup tout l’après-midi, me baladant d’étoile en étoile (mes étoiles à moi), et là je n’ai trouvé qu’une échappatoire pour rester digne : boire. me saouler outrageusement. Et je ne vous dirai même pas avec qui nous avons dîné fort tard. Vous me détesteriez. Ce libraire, que je ne nommerai pas (ou peut-être que si), ne se rend peut-être pas compte à quel point cette soirée a compté pour moi, àbien des égards, et m’a définitivement convaincue que j’allais dans la bonne direction. Quand je serai grande, je serai libraire.

Let's Nooz again dans Nooz utopiales2009a1



Le Feu de Dieu, Pierre Bordage

Le Feu de Dieu, Pierre Bordage dans Yes !

Aaaaahhhhhh…. Pierre ….. Après l’avoir croisé et échangé quelques mots avec lui, il me serait difficile, quand bien même cela serait nécessaire, d’écrire quoi que ce soit de mal sur son travail. Et ce n’est pas nécessaire, puisque le Feu de Dieu est un bon roman, efficace, dans lequel on ne s’ennuie pas une minute. Je dirais qu’il est un peu plus « prévisible » que ce qu’il a pu écrire en SF notamment, et qu’il n’y a rien de particulièrement révolutionnaire dans la vision qu’il nous donne d’un monde post apocalyptique. L’histoire est assez simple. Sous l’impulsion du personnage principal Franx, une petite communauté s’est rassemblée dans une ferme du Périgord, le Feu de Dieu, qu’ils ont équipée et aménagée pour résister à la fin de la civilisation telle que nous la connaissons. Comme cette apocalypse tarde à arriver, la communauté se dissout, et laisse seuls au Feu de Dieu la femme de Franx et ses deux enfants, Théo et Zoé, avec un sinistre personnage surnommé le Grax par Théo, Le cataclysme survient quand Franx se trouve à Paris, à 500 km du Feu de Dieu. Franx entreprend alors de rentrer dans le Périgord à pied, dans un monde plongé dans le froid et la nuit perpétuelle. Sur sa route il va croiser quantité de personnages, dont une petite fille aux étranges pouvoirs, qu’il va prendre sous son aile malgré sa volonté de se blinder et de se fermer à toute compassion sur la route qui doit le ramener vers les siens. C’est au cours de ce voyage éprouvant qu’il va comprendre qu’il s’est trompé en faisant du Feu de Dieu un bunker. La solution n’est pas dans la paranoïa sécuritaire dans laquelle il a voulu enfermer les siens, mais bien dans l’ouverture aux autres, et dans le partage. Rien donc de particulièrement nouveau, mais Pierre Bordage a ce talent rare des conteurs qui vous piègent aux premiers mots, et vous captivent jusqu’aux derniers. Je me laisse glisser dans ses histoires avec délectation, je peux presque l’entendre me les raconter. Le Feu de Dieu n’est pas mon préféré, mais c’est du Bordage, et Bordage, c’est bien.



Gagner la Guerre, Jean-Philippe Jaworski

Gagner la Guerre, Jean-Philippe Jaworski dans Des Etoiles plein les yeuxEn grand ! La couv de Gagner la Guerre, de Jean-Philippe JAWORSKI. Gagner la guerre est un de ces livres dont on repousse autant que possible le moment de tourner la dernière page, tiraillé entre la tristesse d’arriver au terme de l’aventure et l’impatience rageuse d’en connaître le dénouement. Cette fois c’est fait, j’ai tourné hier soir la dernière page, et je quitte Benvenuto Gesufal, en bien fâcheuse posture, comme il se doit.

On entre dans l’histoire après la bataille qui a donné la victoire à la république de Ciudalia dans la guerre menée contre le royaume de Ressine. La guerre est donc déjà gagnée ??? Oui. Et non. Cette victoire n’est en fait que le point de départ donné à tous les protagonistes dans la lutte pour le pouvoir. Intrigues,  dans Des Etoiles plein les yeuxvendetta, petits arrangements douteux, les grandes familles de Ciudalia se déchirent dans le cadre renaissance d’une ville grandiose aux parfums d’Italie. Et Benvenuto Gesufal, narrateur plein de bagout de cette histoire, est l’arme fatale, l’instrument dont usent et abusent les grands de ce monde, les gens « comme il faut ». Benvenuto, lui, il fait le sale boulot. Il en est conscient, il a oublié d’être bête le bonhomme. C’est une brute, avec un je ne sais quoi d’artiste, mais je n’en dis pas plus…

A cette fresque très « humaine » et plutôt intemporelle se mêle les magies, elfes et autres nains ferronniers, mais toujours en touches très subtiles, comme l’artiste (il est pas mal question de peinture dans l’histoire aussi, mais je me tais…) ajouterait quelques touches de lumière à un tableau délibérément sombre. Jaworski, l’artiste, sait doser à la perfection les ingrédients de l’imaginaire. Mais attention, âmes sensibles s’abstenir ! Cette histoire n’a rien de la belle fresque de fantasy où le bon affronte le méchant, où la « bonne » magie combat la « mauvaise » magie. C’est loin d’être aussi simple, et c’est tant mieux. Prenez notre héros, Benvenuto Gesufal (j’arrête pas de prononcer ce nom à voix haute..) Quel héros ! Même moi, qui suit plutôt difficile à émouvoir, j’ai eu quelques mouvements de recul prudents en découvrant de quoi était capable notre Benvenuto… Sachez-le, ce héros-là boit comme un trou, jure comme un charretier, égorge et viole aussi facilement qu’il respire. Ouais, un dur, un vrai. Pas un qui s’attendrit quand vient le moment de porter le coup fatal, non non non… Benvenuto ne se laisse JAMAIS attendrir. Il peut être déstabilisé, tout au plus, mais n’allez pas imaginer qu’il pourrait avoir des sentiments, il vous ferait votre fête… C’est pas une gonzesse Gesufal. Il parle mal aux dames (il les taloche tout aussi facilement que les bonshommes), et son discours a de forts accents xenophobes. Mais alors, cet auteur est-il xénophobe, misogyne, psychologiquement très perturbé ??? Heuuuu.. je ne pense pas. Je vous garantis en revanche que c’est un virtuose qui va vous embarquer dans un récit que vous ne lâcherez pas. Gagner la guerre est une histoire remarquablement rythmée dans laquelle se heurtent (toujours violemment) des personnages profonds, très travaillés, merveilleusement crédibles. Ajoutez à cela la maîtrise parfaite d’une langue truculente qui vous donne envie de lire à voix haute des passages entiers, comme les noms de ces personnages, vous remplissant la bouche de mots improbables, jamais croisés auparavant (bon d’accord je parle pour moi), et vous avez entre les mains une tuerie de bouquin. Une seule chose à faire après l’avoir refermé, courir acheter Janua Vera, le premier livre de JP Jaworski, Prix du Cafard Cosmique 2008, siouplait.



Chronique du Tueur de Roi, première journée – Le Nom du Vent, Patrick Rothfuss

Chronique du Tueur de Roi, première journée - Le Nom du Vent, Patrick Rothfuss C’est ce livre-là qui fera l’ouverture. Le Nom du Vent, écrit par Patrick Rothfuss, et publié le 23 avril chez Bragelonne. On peut dire que je l’ai attendu ce pavé, et je n’ai pas trainé pour courir l’acheter et m’y plonger. Mais il y avait de quoi baver d’impatience après avoir VU Stéphane Marsan, Directeur Editorial de Bragelonne, chanter HIMSELF les louanges de ce livre sur le blog de l’éditeur ! Et comme si ça ne suffisait pas, je tombe en plus sur une autre vidéo (décidément), celle-ci d’Eric, de la librairie Critic à Rennes, qui a tenu lui-aussi, HIMSELF, à partager le plaisir ressenti à la lecture de pavé au titre diablement alléchant. Alors Le Nom du Vent, inutile de dire que j’en attendais des merveilles. Peut-être trop. J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire. En fait je n’ai eu aucun mal au début, mais j’avoue que j’ai très mal vécu la période « Dickens » de notre héros. Ne me demandez pas pourquoi ! Peut-être cela a-t-il ravivé des souvenirs amers de ces lectures obligatoires de mes années fac (d’anglais), et je détestais Dickens. J’ai donc trouvé cette partie terriblement longue, et je guettais (je feuilletais les pages à venir) le moment où l’auteur nous ramènerait enfin dans cette taverne de la Pierre Dressée ou notre héros laissait entr’apercevoir les multiples facettes de son personnage, changeantes comme le vert de ses yeux. Passé les rues de Tarbéan, je dois dire que je me suis régalée. La magie est subtile et complexe, les personnages sont beaux, profonds (j’avoue que j’ai un faible pour Bast et son côté… faerique. La dernière page est arrivée bien trop vite, malgré les débuts difficiles, et je ne peux que me lamenter d’avoir mis une fois de plus les doigts dans un cycle dont il va me falloir attendre chaque tome. Parce que non, je n’ai pas été collée au mur, mais oui, je ferai certainement partie des premières à acheter le second tome, parce que le premier a été un vrai bonheur de lecture. Pas la baffe attendue, mais un vrai plaisir.



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